Je suis un obsédé textuel
Tourmenté par le sens, à noircir des pages entières,
Je confesse ma dépendance et je ne suis pas peu fier.
Obsédé textuel depuis ma tendre enfance,
C'est du berceau au cimetière que je dompterai ma chance.
Mon obsession pour l'écriture j'avoue ne s'explique pas,
Un fort besoin d'aventure à chacun de mes pas.
Ma plume guidée par mon instinct s'émancipe et se cabre
Et chaque esquisse de refrain est fendue par un sabre.
Sabré, ça brille, ça brûle sur mon cahier,
Ecrire en majuscule ma science des rimes entremêlées,
Véritable boulimique de production du sens,
Il n'y a chez moi aucune phobie de la page blanche.
C'est en fait tout à fait le contraire,
Mon cahier vomit le surplus car il est réfractaire.
Les vérités sont toujours synonymes d'angoisse,
Comme si un curé reniait dieu devant sa paroisse.
Le choc psychologique est éphémère et sans aucun danger,
Mais je ne compte pas me taire, ni même me ranger.
C'est de façon hebdomadaire que je torture ma plume,
C'est en griffonnant ces vers que je me libère du poids de cette enclume.
Psalmodier mon existence avec des métaphores;
Même si je ne cesse de chuter cela me rends plus fort.
Je forge mon esprit par le biais de mes erreurs,
Qui me permettent face à autrui de garder mon honneur.
Mais je ne suis pas fier outre mesure,
Je sais admettre mes fautes, introspection en écriture.
Pourquoi ne pas insister sur ce qui nous rassemble,
L'unicité de l'être humain ne veut pas dire que l'on se ressemble.
Cultiver la différence et non l'indifférence,
Le faciés d'un étranger ne peut brider ses chances.
Cracher des rimes assassines sur un cahier peut paraitre facile,
Voire inapproprié même si le message est utile.
Je ne reste qu'un obsédé marginal assoiffé,
Qui ne vit que pour la rime et que rien ne peut arrêter.
Je ne fréquente que ma plume et quelques feuilles de papier,
Qui me permettent sans amertume de pouvoir m'exprimer,
Outre passer les obstacles de le réalité
Et faire de mes écrits un spectacle où tout le monde est convié.
_________________
Gerard