Hier, c'était la commémoration de l'armistice du 11 Novembre 1918 et je me suis souvenu d'un texte que j'avais "vomi" l'année dernière en rentrant d'une journée passée sur les champs de batailles de Verdun, où j'étais allé montrer à mon petit fils jusqu'où la connerie de certains "humains" pouvait aller.
Le poilu
Entouré de cadavres de compagnons d'infortune
Morts bravement dans une nuit sans lune,
Autour de l'homme effrayé dans son trou,
La mitraille éclatait maintenant de partout.
S'était pendant qu'ils montaient à l'assaut
D'un maudit piton, sans en atteindre le haut
Qu'ils étaient tombés pour l'éternité,
Décimés, fauchés ou pire dechiquetés.
Qu'avait-il de si important ce lopin de terre
Pour qu'on lui accorda tant de misère.
Représentait-il la sauvegarde d'une nation
Ou le prestige d'hommes chargés de galons ?
Après tout, ce n'était qu'une colline
Truffées de galeries comme l'est une mine,
Qu'il était facile de contourner pour passer
Sur l'autre versant sans aller se faire tuer.
Mais dans toutes les académies, cela est enseigné,
Aucun officier ne peut, ni ne doit l'ignorer,
Il n'y aura pas de grande et belle victoire
Là où la bataille ne se fait pas sans gloire.
Malheur donc à ceux qui refusent le combat,
Le peloton d'exécution ne pardonne pas.
Quand la bêtise se mesure à l'honneur mal placé,
Le nombre de soldats tués semble illimité.
C'était à ceux là qu'il pensait le poilu
Pendant que les obus lui tombaient dessus
Sous une pluie qui l'enfonçait dans la boue,
Le rendant misérable des pieds jusqu'au cou.
Lui, il vivait encore, son sort était enviable,
Pas comme ses compagnons méconnaissables
De membres arrachés ou de gueules cassées,
Lorsqu'ils n'étaient pas totalement enterrés.
Sombre fin pour des héros anonymes,
Dont le souvenir se limitera au patronyme
Gavé dans le granit d'un superbe mémorial
Qu'on honorera plus tard de façon machinale.
Pour le prix de leur sang et de leurs entrailles,
Ils n'ont été payés que par des médailles
Alors que l'état-major, trop souvent épargné,
Profitera d'une retraite et de leurs lauriers.
Ce sont pourtant eux qui sont au dictionnaire
Quand les vrais héros reposent sous terre,
Illustres compagnons dont on ne se souvient plus,
Sauf à la commémoration du soldat inconnu.
Qui n'a pas eu un parent, un amis, un frère,
Morts stupidement dans cette affreuse guerre,
Quand ils ne revenaient pas du front mutilés
Pour vivre une existence complètement gâchée.
La légion d'honneur, la médaille militaire,
Celle des grands blessés ou la croix de guerre,
Exposées sur la poitrine de ceux qui sont rentrés
Compensent-elles tout ce qu'ils ont enduré ?
Notre poilu les avait remisées au fond de son armoire,
Il ne les regardait plus car il avait en mémoire
Tous ses camarades disparus
Que leurs familles n'ont jamais revus.
Bien plus qu'une souffrance, c'est un tourment
De devoir affronter la mort pour se sentir vivant.
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Gerard